Pourquoi jeûner

Pourquoi je ne recommande presque plus le jeûne ?

Le jeûne est devenu très populaire depuis quelques années. En effet, cette méthode vieille comme le monde est de plus en plus conseillée dans les sphères de la santé au naturel et même chez certains médecins et ça c’est plutôt cool de pouvoir bosser en collaboration avec le corps médical. Cet article ne reprendra pas les bases ou les bienfaits du jeûne (lire cet article) et ce n’est en rien une critique ou une remise en cause des biens fondés de cette approche.

Est-ce le bon moment pour ne pas manger ?

Quand on fait le listing des bienfaits du jeûne, on retrouve la détoxification de l’organisme. Il faut savoir que la digestion nous demande entre 40 et 60% de notre énergie globale sur une journée. Cela veut dire qu’il ne nous reste que la moitié pour tous les autres processus corporels. C’est ENORME.

Donc quand vous jeûnez, vous avez plus d’énergie. Mais si à la base vous êtes sur les rotules avant même de jeûner, alors le peu d’énergie qu’il vous restera sera employé pour éliminer les toxines (créées par le corps) et les toxiques (apportés par l’extérieur). Hors on sait qu’il faut être dans de bonnes conditions physiques et morales pour que tout se passe bien à ces niveaux là.

Bref, pour bien vivre votre jeûne et ne pas encore plus vous sentir au ras des pâquerettes, je vous conseille vivement d’avoir un minimum de patate ou en tout cas de ne pas être complètement épuisé.e. Cela évitera également de fatiguer encore plus vos surrénales.

Qu’en est-il des personnes ayant des pathologies inflammatoires (de type poly-arthrite par exemple) qui font partie des bons candidats pour le jeûne mais qui sont constamment fatigués ? À cela, je répondrai qu’il n’y a pas de moment idéal effectivement, j’ai tendance à leur conseiller de commencer par le jeûne intermittent, les monodiètes ou autres approches plus douces. Et je répondrai tout simplement que chaque cas est différent et qu’il n’y a pas de réponse générale parfaite pour telle ou telle situation.

Le bon mood pour jeûner

Nous allons commencé à aborder les contre-indications, je répète que chaque cas est différent et c’est bien pour cela qu’il est important de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter d’aggraver certaines situations.

Si vous descendez à la toute fin des articles sur le jeûne, vous verrez une liste de contre-indications plus ou moins strictes et des cas de figure à surveiller par le corps médical. Je retiendrai votre attention ici, surtout sur les troubles psychologiques et émotionnels qui sont rarement bien soulignés.

On ne jeûne pas en cas de troubles du comportement alimentaire (article sur les TCA et je vous laisse découvrir mon amie Delphine spécialiste dans le domaine), de l’oralité, d’addictions, de troubles psychotiques ou tout simplement quand vous êtes au fond du gouffre comme par exemple en plein burn out. Quand on sait qu’en moyenne 10% de la population est touché par les TCA (dont 80 à 95% de femmes) cela fait réfléchir un peu avant de se lancer dans le bouillon.

Et si ce n’était pas qu’une histoire de bouffe ?

Le jeûne est une période de privation, vous allez passer par des phases de nettoyage physique qui vont entrainer des ressentis forts, voire violents chez certaines personnes. Cette privation alimentaire est souvent encadrée par un staff formé pour vous soutenir et vous accompagner pendant cette phase. MAIS il ne s’agit jamais de psychologues et encore moins de psychiatres.

Ayant moi-même accompagné des stages de jeûne en centre, je me suis retrouvée plusieurs fois face à des situations de détresses psychologiques/émotionnelles et face à des réactions très difficiles à gérer pour la personnes et le staff. Et j’ai moi-même très mal vécu certaines reprises alimentaires en jeûnant une semaine.

« Mais Audrey, ça vaaaa…! Tu prends vraiment trop de pincette avec tout ça, c’est juste de la nourriture ! »

Et bien non messieurs dames, ce n’est pas uniquement de la nourriture. Sachez qu’en se privant d’aliments, nous faisons remonter à la surface des mécanismes de résistance, de combat et de survie. Donc nous sommes littéralement en tête à tête avec notre rapport à la mort. NON je ne prends pas des pincettes, je prends tout cela au sérieux.

Les bonnes infos sur le jeûne

Quand on se lance dans l’aventure du jeûne, on aurait tendance à se lancer sur les sites des centres, les forum d’ultra fan et autres spécialistes. Et bien j’aurai tendance à vous conseiller de regarder également les personnes qui remettent les choses en perspectives et vous ferons prendre les bonnes décisions avec toutes les informations disponibles.

Quoiqu’il en soit, OUI il y a des bienfaits au jeûne, c’est une approche qui permet de se retrouver, de prendre du recul sur la façon dont on s’alimente et pas seulement physiquement. Vous trouvez souvent des stages de jeûne l’associant au yoga ou toute autre activité de bien-être. Et cela permet vraiment de reconnecter le corps et l’esprit, je l’ai moi-même expérimenté à plusieurs reprises !

Ce que je souhaite vous faire réaliser avec cette réflexion, c’est que même s’il s’agit d’une méthode naturelle, vous trouverez quand même des points noirs comme dans tout finalement. Et si ces derniers ne sont pas entendus, la dite méthode fera plus de mal que de bien.

Et je n’aborderai pas (enfin rapidement) les centres à tendance secte, faisant l’éloge d’une personnalité charismatique qui vous pompera beaucoup d’argent (et de libre-arbitre) en échange de savoirs et sagesses piqués dans tous les bons bouquins de développement personnel (autant aller en librairie).

Mais alors QUI peut vraiment jeûner ?

Tout compte fait, je dirai que le jeûne est une méthode accessible aux plus motivés, qu’il faut étudier un minimum le sujet, être au clair dans sa tête, avoir bosser un minimum sur ces grosses casseroles émotionnelles et surtout ne pas en faire une obsession du nettoyage interne (c’est un autre sujet). Car pour moi cela fait partie des méthodes qui invitent chaque personne vers l’autonomie de sa santé, et pour être autonome et bien il faut intégrer des connaissances.

Personnellement, je ne jeûne presque plus car c’est une approche trop violente pour moi et mon passif, je préfère amplement les outils plus doux comme les monodiètes ou le jeûne intermittent.

Dans tous les accompagnements que j’entame, il y a très souvent un passif de TCA (sachez mesdames que les régimes sont des machines à créer les TCA), de troubles émotionnels ou ne serait-ce que d’un manque cruel d’énergie. Voici pourquoi je ne recommande presque plus le jeûne.

Conclusion

Pour résumer, on se renseigne sur le jeûne, le B-A BA, les bases. On accepte d’intégrer qu’il ne s’agit peut-être pas du meilleur moment pour le réaliser, donc on apprend à s’observer. Ensuite, on garde son sens critique, chaque nettoyage n’est pas anodin, cela fait appel à des mécanismes psychiques et émotionnels que nous ne soupçonnons pas (intestins 2e cerveau, toi-même tu sais). Et enfin, faire appel uniquement à votre intuition pour décider de ce que vous mangerez ou non, n’est pas la meilleure solution quand votre santé est en jeu. Je vous souhaite de trouver les bons outils, qui conviendront à vos besoins à l’instant T.